Juancitucha

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Qu'attend le sud de la gauche européenne ?



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Voici le discours du président Bolivien à la gauche européenne le 18 mai. Vous comprendrez ici une des raisons de mon attrait pour l'Amérique du Sud et m'on engagement d'aujourd'hui. Cet article vient du site Indimédia que je vous recommande fortement. Juancitucha.

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J'adresse un salut fraternel et révolutionnaire à cette importante réunion de réflexion et de travail pour le futur de la gauche européenne.

Compte tenu du poids énorme de l'Union Européenne, il est particulièrement important pour nous que la gauche en Europe se renforce, à travers l'orientation de ses actions. J'ai perçu que les forces de gauche vivent un moment difficile en Europe, avec les victoires successives d'une droite décidée à renforcer, comme toujours, les privilèges de ceux qui ont déjà tout, sur le dos de ceux qui n'ont pas grand chose.

Peut-être les forces de gauche européennes payent-elles aujourd'hui le prix d'une tolérance et d'une complicité trop grandes avec les mécanismes du marché, quand elles ont été au pouvoir ces dernières années. Ceci souligne l'importance de continuer à lutter pour préserver les services publics et ne pas accepter que, au nom d'une soi-disante efficacité économique, s'effondrent les principes de la justice sociale, établis au long de longues luttes sociales.

Le monde est confronté à plusieurs urgences. Nous arrivons à un point de non-retour en matière de changement climatique, et les inégalités et injustices sociales n'ont jamais été aussi grandes et massives que maintenant. Les conséquences du réchauffement global vont être encore pires pour les défavorisés, les pauvres, tous ceux qui souffrent déjà trop, sur les cinq continents. Nous payons le prix d'un mode de consommation et de production illimités dans un monde limité. L'Europe a été le coeur historique du capitalisme. Sa gauche doit chercher, aujourd'hui, un autre chemin. Comprendre le réel pour aller à l'idéal.

Depuis les pays comme la Bolivie, nous voulons renforcer les liens de solidarité réciproque avec nos frères de la gauche européenne. Pour nous, cette solidarité ne signifie pas aide au développement. Il s'agit avant tout d'actions conjointes des secteurs progressistes et démocratiques d'ici et de là-bas afin que nous puissions construire notre propre développement. Nous ne voulons pas de ce modèle de développement importé qui nous amène à une catastrophe planétaire. Nous ne voulons pas nous enfermer dans une compétition dangereuse pour vivre mieux. Nous voulons seulement vivre bien.

Par solidarité avec vous, frères de la gauche européenne, exigeons ensemble de vos autorités qu'elles nous laissent gérer nos conflits, et les résoudre par la voie de la politique et du dialogue comme nous savons le faire. Et que les gouvernements européens ne suivent pas tant les Etats-Unis, qui fomentent des guerres de basse ou haute intensité, et des guerres préventives sin début ni fin, avec l'excuse de la lutte contre le narcotrafic et le terrorisme. Le capitalisme porte en lui la guerre. Nous devons surmonter ce système destructif.

La solidarité avec vous, frères de la gauche européenne, serait que nous luttions pour que vos gouvernements ne nous conduisent pas par la force à une politique commerciale de libre-échange au bénéfice de vos multinationales et de vos investisseurs, en s'appropriant nos ressources naturelles, en détruisant l'Amazonie et les neiges éternelles de nos cordillères, avec des résultats désastreux pour le changement climatique. Croire que la libéralisation mondiale permettra de créer quelques emplois pour vos citoyens, c'est voir à court terme, c'est manquer de conscience. Et il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience.

Avec les frères et les soeurs de la gauche européenne nous espérons resserrer les liens pour la défense des ressources naturelles comme l'eau, pour la défense et le développement des services publics, tellement essentiels pour une véritable démocratie, pour la défense de notre diversité culturelle. Nous voulons par exemple que se respectent nos coutumes ancestrales, comme l'usage légal, traditionnel et inoffensif de la feuille de coca. Nous voulons que cette planète continue à être vivable pour tous nos citoyens et non pour un nombre à chaque fois plus réduit d'entre eux.

Je vous souhaite le plus grand succès dans vos travaux et j'espère que nous pourrons continuer à renforcer nos liens.

Evo Morales Ayma Président de la République de Bolivie

 

source : http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=100039



23/05/2008
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