Juancitucha

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Le retour de la contre-Réforme (agraire)



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Alan Garcia a émis des décrets qui promeuvent la concentration des terres agricoles pour favoriser les exportations agricoles.

Pour faciliter le Traité de Libre Echange avec les États-Unis, il cherche récréer les grandes propriétés rurales et liquéfier les communautés paysannes ancestrales, où vivent plus d'un million d'indigènes. Mais les syndicats d'ouvriers ruraux promettent de se battre.
 

 
Le gouvernement d'Alan Garcia accélère les mesures qui favorisent la concentration des terres agricoles dans de grandes propriétés rurales et qui visent à la liquidation des ancestrales communautés paysannes. Il y a deux semaines, García a émis un décret-loi qui permet la vente des terres des communautés paysannes avec seulement l'approbation de la majorité simple des assistants à une assemblée, abrogeant la loi qui empêchait la vente des terres communales sans l'existence d'un accord des deux tiers des membres de la communauté.

Quelques jours après, Garcia a émis un décret qui crée un fond pour donner des crédits à ceux qui achètent les terres des petits propriétaires, pour qui, certes, il n'y a pas d'accès aux crédits et ni de soutien de l'État. Ces deux mesures mettent vise à promouvoir la vente des petites étendues agricole et à stimuler l'accumulation de terres dans de grandes propriétés, comme partie de la politique du gouvernement de favoriser l'agro-exportation basée sur les grandes propriétés rurales (latifundios). Le ministre de l'Agriculture, Ismael Benavides, est un banquier lié au négoce de l'agro-exportation. Ces lois cherchent aussi à favoriser l'achat de terres communales de la part de compagnies transnationales minières et pétrolières.


 
 
En 1969, le gouvernement militaire du défunt général Juan Velasco Alvarado a initié une réforme agraire qui en  a fini avec les grandes propriétés rurales (latifundios) et a réparti les terres expropriées entre paysans. Les principaux latifundios sont devenus des coopératives agraires. Mais à la chute de Velasco en 1975, la réforme agraire a été paralysée et dans les années quatre-vingts, le processus a commencé à se retourner, bien que lentement. Les coopératives sont entrées en crise et dans les années quatre-vingt-dix, Fujimori a accéléré la contre-réforme agraire et a ouvert les portes pour le retour des grandes propriétés rurales sur la côte. Maintenant, Garcia cherche à étendre les grandes propriétés rurales à la sierra et impulse aussi une loi pour vendre de grandes extensions de l'Amazonie à des entreprises privées. La politique agraire du gouvernement a déclenché des protestations à l'intérieur du pays. Les paysans ont annoncé une grève agraire pour le huit juillet en rejet des lois qui promeuvent la liquidation de leurs communautés. Il y a à peu près sept mille communautés paysannes qui regroupent environ un million de personnes. Tandis que les campagnes s'enflamment, la Defensoria du Peuple (organisme officiel) et un groupe de congressistes ont dénoncée, la considérant anticonstitutionnelle, la loi qui facilite la vente des terres communales devant le Tribunal Constitutionnel. Cette loi avait été refusée par le Congrès, mais le gouvernement l'a promulguée à travers d'un décret-loi, utilisant les facultés que le Parlement lui avait données pour rendre adéquat la législation au Traité de Libre Commerce (TLC) avec les États-Unis. Précisément, les petits producteurs agraires seront les plus lésés par le TLC avec les États-Unis. Une étude du Groupe d'Analyse pour le Développement (Grade) signale que le secteur agricole perdra 200 millions de dollars par an avec l'entrée de produits agricoles subventionnés par les Etats-Unis, sous le couvert du TLC, et que la plupart de ces pertes seront subies par les paysans des communautés des Andes.

"La politique agraire du gouvernement favorise l'appropriation de terres de la part de compagnies transnationales dédiées à l'agro-exportation et de l'oligarchie locale. Le gouvernement et les transnationales pourront manipuler quelques dirigeants pour qu'ils convoquent une assemblée qui approuve la vente des terres sans l'accord de la majorité de tous les membres de la communauté, mais les choses ne vont pas être si faciles, parce que pour les communautés, la terre n'est pas seulement un bien de production, mais leur forme de vie. Ce qui va se passer, ce sont des protestations dans les campagnes", a signalé à Pagina/12, Reynaldo Trinidad, expert en sujets agraires. Rapidemment, les paysans se sont déclaré en "pied de guerre" contre le gouvernement. "Nous allons descendre dans les rues dans tout le pays pour dire au gouvernement que nous ne sommes pas d'accord avec la vente de nos terres ancestrales", annonce Melchor Lima, secrétaire général de la Confédération Paysanne du Pérou. "Nous ne permettrons pas plus d'abus du gouvernement, qui veut nous enlever nos terres, mais il ne pourra pas empêcher que nous luttions pour nos droits", a prévenu Antolin Huascar, président de la Confédération Nationale Agraire.

Lima, Carlos Noriega, Pagina12, 15 juin 2008.

http://www.pagina12.com.ar/diario/elmundo/4-106055-2008-06-15.html

Traduit par http//amerikenlutte.free.fr


23/06/2008
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